Situations familiales qui se répètent : comment les écrire ?

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Aujourd’hui, je réponds à une question de Jean-Pierre :

« En écrivant l’histoire familiale sur plusieurs générations, j’ai constaté que des situations ou des faits se reproduisaient d’une génération à l’autre, pas nécessairement successives d’ailleurs. Parfois même d’une branche familiale maternelle à une autre paternelle celle-là. C’est assez troublant. En commentant ces correspondances, on risque de tomber dans la psychogénéalogie et conduire au fatalisme certains lecteurs.
Qu’en pensez-vous ? »

 

Quand on rédige un livre de famille, on a parfois peur des conséquences. De créer ou réveiller des conflits, par exemple. Ou bien, comme Jean-Pierre, de faire du mal à quelqu’un d’une manière ou d’une autre.

Pour protéger vos lecteurs, vous pouvez alors être tenté de cacher certains faits, de masquer une partie de la vérité (accidents, suicides, abandons, violences…).

Mais cette perspective ne vous satisfait peut-être pas. Et en effet, votre livre de famille perdrait de sa valeur.

Vous pouvez aussi choisir de ne rien occulter, mais d’interpréter les événements et les situations dans le sens qui vous semble préférable. Toujours dans l’intention de bien faire, mais avec le risque de donner à vos interprétations la forme de vérités.

 

Prévoir, maîtriser

En fait, on ne peut ni prévoir ni maîtriser ce que nos lecteurs feront de leur histoire familiale.

Dans l’exemple de Jean-Pierre, les fatalistes y trouveront de quoi alimenter leurs croyances. Les optimistes, eux, se souviendront que le déterminisme absolu n’existe pas.

Nous savons bien que face à une même information, une même expérience, nous réagissons selon notre propre vision du monde, notre manière d’être et de penser. Que deux personnes ayant vécu le même événement en gardent parfois un souvenir très différent.

Alors, pourquoi se priver de délivrer des informations qui peuvent être utiles, intéressantes, sources de réflexion et, parfois, d’évolution personnelle ?

 

Psychogénéalogie sauvage

Si vous avez remarqué des correspondances, des répétitions, et qu’elles vous « interpellent », mentionnez-les. Sans les interpréter d’une façon affirmative, sans vous lancer dans de la psychogénéalogie sauvage.

En revanche, si vous le souhaitez, exposez vos réflexions, vos hypothèses (que vous aurez bien soin de présenter comme telles). Exprimez votre trouble et vos questionnements.

C’est la façon de commenter qui respecte le plus vos lecteurs. Vous leur laissez la liberté et la responsabilité de faire ce qu’ils veulent des informations que vous leur livrez.

 

Une bonne table

Par exemple, les lecteurs de Jean-Pierre pourront considérer ces répétitions comme de simples hasards, comme des fatalités collant à la peau de l’histoire familiale, ou encore comme des situations portant à réfléchir pour envisager autrement le présent et l’avenir.

Vous ne pouvez pas vraiment agir là-dessus !

Si ce n’est en proposant des discussions en complément à votre livre. L’intérêt d’un ouvrage de mémoires familiales ou personnelles est, de toute façon, amplifié quand il s’accompagne d’échanges autour d’une (bonne) table 🙂

 

En pratique

Dans un premier temps, écrivez ce que vous souhaitez sans penser à la manière dont ce sera reçu. Dites tout ce que vous avez à dire.

Quand vous aurez fini votre brouillon, vous pourrez supprimer, ajouter ou modifier à volonté.

Bonne écriture !

 

 

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2 réflexions au sujet de « Situations familiales qui se répètent : comment les écrire ? »

  1. Merci pour cette réponse.
    Effectivement, laisser le libre choix au lecteur de croire ou de ne pas croire, c’est lui transférer l’interprétation des faits relatés.
    Mais c’est dur d’occulter son intuition, parfois longuement réfléchie, face à une réaction qui sera peut-être impulsive.
    C’est néanmoins le plus prudent sans doute.

    • Vous pouvez tout à fait parler de cette intuition et de ces réflexions, issues de vos années de recherches généalogiques. Je dirais que vous pouvez les proposer, et peut-être d’ailleurs que vous devez le faire.

      Vous allez trouver le bon équilibre, j’en suis sûre. Tenez-nous au courant 🙂

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