Histoire(s) de familles du monde : des ancêtres nomades !

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Touaregs Niger Troupeau

Une paisible oasis au milieu du désert, des ancêtres nomades touaregs, des caravanes de chameaux… Ça fait rêver !

Pourtant, tout n’est pas paradisiaque dans le Nord Niger, la région du monde où Ibrahim a grandi. Beaucoup d’enfants ne sont pas scolarisés, par exemple.

Malgré les nombreuses difficultés, Ibrahim est parvenu à se hisser jusqu’à l’enseignement supérieur. Il est à ce jour en 2e année de lettres et d’anglais à l’université de Niamey, la capitale.

Bien loin de chez lui et de sa famille, dont il évoque ici l’histoire.

 

« Je connais bien certaines lignes de la vie de mes grands-parents. Je sais qu’ils étaient nomades et vivaient à Timia. »

Carte Niger TimiaTimia et son oasis se trouvent au cœur du massif de l’Aïr,
en lisière du désert du Ténéré.

 

« Les femmes restaient sur place pour garder les enfants, ainsi que les troupeaux de chèvres et de moutons.

Les hommes, eux, s’en allaient vers le sud, où ils échangeaient des céréales (mil, sorgho) contre des dattes. Car Timia était une oasis où il y a beaucoup de palmiers dattiers. Les caravaniers partaient pendant six à huit mois, à dos de chameau. »

Femmes troupeau timiaFemmes s’occupant d’un troupeau de chèvres, à Timia. Photo Willemstom.

 

« Je connais les noms de mes quatre grands-parents. C’est ma mère qui m’a raconté leur histoire, à travers les conversations de tous les jours. Elle me parlait surtout de ses parents et de ses grands-parents à elle, car elle ne sait pas grand-chose sur la famille de mon papa.

Chez les Touaregs, l’histoire de la famille se transmet oralement. Il n’y a que l’histoire de certains villages de l’Aïr qui soit écrite. »

 

Premiers jardins

« Le fait de n’avoir aucune photo de mes grands-parents me manque énormément. J’aurais vraiment aimé en posséder une, mais hélas !

J’aurais aussi aimé savoir comment mes ancêtres sont parvenus à cultiver leurs premiers jardins dans tout l’Aïr. Et ce qu’ils faisaient des produits récoltés, s’ils les vendaient ailleurs ou s’ils les consommaient eux-mêmes. »

vigne
À Timia, on trouve même quelques plants de vigne.

 

« Lorsque je pense à mes ancêtres, je ressens de la pitié, car ils ont beaucoup souffert pendant les années de sécheresse dans le Nord Niger. Je me sens comblé aussi quand je pense à eux, car ils nous ont laissé cette culture touarègue unique en son genre, très riche et diversifiée. »

 

Transmettre les valeurs

« Je suis très attaché à l’histoire et aux traditions de ma culture. Les aspects particuliers que j’aime beaucoup sont le port du tagoulmoust (le turban), ainsi que le tifinagh (l’alphabet touareg). »

tagoulmoust Ibrahim portant le tagoulmoust (chèche).
Les hommes l’enroulent autour de la tête et du visage
pour se protéger du soleil, du vent, du sable… 

 

« De tout ce qui me vient de ma famille, j’aimerais bien transmettre ces valeurs culturelles, la vertu de pudeur (achak, en langue tamachek) et aussi cette religion de paix qu’est l’islam (nota bene : je remercie Ibrahim qui m’a écrit dès le 14 novembre dernier, pour savoir si tout allait bien pour moi).

La culture touarègue m’a été transmise par ma mère en premier lieu, ensuite mon père et enfin mes découvertes sur Internet il y a trois ans. J’ai beaucoup appris sur ma culture depuis l’an 2012.

Cela me donne de la force et m’apaise, car, comme le dit un adage : un peuple sans culture, c’est comme un arbre sans racines ! »

 

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2 réflexions au sujet de « Histoire(s) de familles du monde : des ancêtres nomades ! »

  1. Ibrahim est un jeune homme dont les paroles sont empreintes de sagesse. C’est beau de dire ainsi « cela me donne de la force et m’apaise »
    Même s’il ne possède guère d’archives familiales, il porte en lui l’éducation transmise par des générations de nomades touaregs.

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