Histoire(s) de familles du monde : traditions portugaises, de mères en filles

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femmes portugal robes traditionnelles

Il n’y a pas que les contrées lointaines qui valent le voyage ! Après avoir rencontré des familles en Iran, au Niger et aux États-Unis, nous voici aujourd’hui en Europe, et plus précisément au Portugal.

La communauté portugaise en France compterait entre 500 000 et 1 million de personnes, selon les sources. Je vous présente en tout cas l’une de ses dignes représentantes, Anne-Marie !

 

« Mes grands-parents ont vécu en grande partie vécu sous la dictature de Salazar, de 1932 à 1974.

Du côté maternel, ils habitaient dans un village célèbre pour son folklore, Santa Marta de Portuzelo. Cette bourgade se trouve dans la région du Minho, au Nord. »

Les oreilles des filles

« Ma grand-mère maternelle gagnait sa vie en étant couturière et brodeuse. Elle brodait des nappes, qu’elle vendait à des enseignes d’artisanat de la région.

Elle brodait aussi les fameuses robes traditionnelles et a formé plusieurs jeunes filles à cet art. Sur la photo du haut, elle se trouve tout à fait à gauche. Cette année-là, elle avait été désignée avec ses deux amies pour organiser la fête du village.

Ma grand-mère maternelle a joué un rôle important à Santa Marta : elle était un peu sage-femme, perçait les oreilles des petites filles, cuisinait pour les mariages, a formé plusieurs jeunes filles à la broderie… Elle était très respectée. C’était une femme très débrouillarde et touche-à-tout », se souvient Anne-Marie.

 

Fière d’eux !

« J’ai bien connu ma grand-mère jusqu’à mes 10 ans, mais je ne lui posais pas beaucoup de questions. Ensuite, elle a été touchée par la maladie d’Alzheimer. Le peu que je sais de ses propres parents, c’est ma mère qui me l’a raconté.

Mes grands-parents maternels m’ont particulièrement marquée. Ils n’étaient pas riches, mais il y avait toujours à manger à la maison. En plus de son métier de maçon, mon grand-père s’occupait de ses champs. Il a aussi construit sa propre maison, ce qui était plutôt rare à l’époque.

Je suis fière de ces grands-parents. Ils ont réussi à élever leurs enfants, à avoir quelque chose. Mes grands-parents paternels se battaient moins, ils se laissaient davantage vivre, surtout ma grand-mère, qui n’a jamais travaillé. »

 

Née d’une rencontre avec un soldat allemand ?

« Ma grand-mère paternelle, on pense qu’elle était née d’une rencontre entre sa mère et un soldat allemand pendant la guerre de 1914-1918.

En tout cas, quand mon père a voulu se marier, il a vu sur son acte de naissance que sa mère était née « de père inconnu ». Je crois qu’il le savait avant, comme les histoires de famille qu’on entend quand on est enfant. Mais ce sujet restait tabou…

Mes parents se sont connus parce qu’ils vivaient dans deux villages voisins. Ma mère est venue en France à l’âge de 18 ans, puis elle est retournée au Portugal et ils se sont mariés. »

 

Encore plus beau

« Je suis très attachée aux traditions de mon village de Santa Marta. J’aime les costumes, les bijoux, la danse… et tout ce qui se rapporte aux traditions.

Nous avons fondé en 2005 le groupe folklorique « Casa de Santa Marta de Portuzelo em Paris ». Il représente le groupe officiel portugais, qui a été créé par mon oncle et dont ma cousine a repris le flambeau.

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Anne-Marie et Mathilde, mère et fille.

 

J’aime aussi la tradition portugaise qui consiste à prendre soin des cimetières. Les tombes sont fleuries chaque semaine et lavées tous les samedis. Il n’y a pas de fleurs en plastique et les cimetières ne sont jamais déserts !

Si on ne peut pas être présent pour fleurir et nettoyer la tombe, on paie quelqu’un qui s’en charge à notre place. Pour la fête du village, Noël et la Toussaint, l’attention est décuplée, y compris pour les tombes anciennes. C’est encore plus beau ! »

 

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6 réflexions au sujet de « Histoire(s) de familles du monde : traditions portugaises, de mères en filles »

  1. Comment l’arrière-grand-mère de cette dame a-t-elle pu être séduite par un soldat allemand ? Guillaume II n’a pas envahi le Portugal, que je sache, et internet n’existait pas 🙂

    • Cela m’a étonnée moi aussi et je me suis fait confirmer que la rencontre avait bien eu lieu au Portugal, sans insister.
      Cette bizarrerie résulte sans doute des non-dits, et de propos vagues entendus à la dérobée par une oreille d’enfant..

  2. Bonjour,

    J’aime beaucoup l’histoire du portugal et les costumes sont superbes pleisn de couleurs :), est-ce qu’il existe des robes de mariés traditionnelles pour un mariage ?

    Merci d’avance 🙂

    • Bonjour Lisa, merci pour votre message.
      Je suis prête à parier que de telles robes existent.
      Voulez-vous que je demande confirmation à Anne-Marie, qui est interviewée dans cet article ?

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