Ecrire un livre : les dessous de la motivation

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motivation écriture écrire

La semaine dernière à Paris, j’étais invitée par la radio RCF sur le thème : « Comment écrire l’histoire de sa famille ? »

Plusieurs auditeurs ont posé des questions et témoigné de ce qu’ils ont déjà réalisé.

Michèle, une membre du blog, m’a écrit pour me dire qu’elle les avait trouvés très motivés. C’est vrai, et ça fait plaisir !

Je me suis alors demandé : c’est quoi, exactement, la motivation ? De quoi dépend-elle ? Comment l’avoir et la garder quand on veut écrire un livre ?

Le psychologue canadien Piers Steel a mené moult études sur la motivation et la procrastination, deux opposés exacts selon lui.

Voici ce qu’il en a déduit :

équation motivation procrastination Steel

 

1. La confiance

C’est un élément majeur et évident de la motivation : plus vous êtes optimiste sur vos chances de réussir une tâche, plus vous osez vous lancer.

Si vous doutez d’y parvenir, vous aurez tendance à repousser le moment de vous y mettre… parfois indéfiniment. C’est la fameuse procrastination. Vous savez, cette tendance à se dire : « je verrai ça plus tard ».

-> Des solutions pour augmenter la confiance en vous

  • Améliorer vos compétences : écrire un peu tous les jours pour gagner en aisance, vous inscrire à un atelier d’écriture, vous offrir une formation…
  • Reconnaître et apprécier ce qui a déjà été accompli. « Ça, c’est fait » ? Youpi, on se réjouit !
  • Vous encourager verbalement, avec des phrases comme « Tu vas y arriver ! » Pourquoi pas ? Je constate d’ailleurs que beaucoup de personnes recourent spontanément à cette sorte de méthode Coué.
    En revanche, j’ai lu l’autre jour qu’il vaudrait mieux s’adresser à soi-même en se disant « tu » plutôt que « je ». C’est en tout cas ce qu’a observé le psychologue américain Ethan Kross. Selon lui, il serait aussi plus efficace de se parler en utilisant son propre prénom, comme si on s’adressait à un ami*. J’y penserai la prochaine fois que je doute : «Tu vas y arriver, Hélène ! »

 

2. La valeur

Il y a ici deux aspects :

– la valeur que vous accordez à la tâche. Aimez-vous la faire ou non ?

– la valeur que vous accordez au résultat et à la récompense. Dans notre cas, le fait d’avoir réalisé un livre et de le partager.

Évidemment, plus une tâche a de valeur à vos yeux, plus votre motivation est grande : vous êtes tout disposé à faire des efforts pour l’accomplir !

-> Des solutions pour augmenter la valeur

  • Je suppose que si vous êtes là, c’est que partager et transmettre votre histoire personnelle ou familiale a de la valeur pour vous. Ce paramètre ne devrait donc pas vous poser problème !
  • Si vous aimez l’écriture elle-même, vous avez là aussi une excellente motivation pour vous lancer et persévérer dans l’aventure.
    Vous n’aimez pas trop écrire mais voulez quand même réaliser un livre sur votre histoire personnelle ou familiale ? Cherchez une forme qui vous corresponde : en mettant davantage l’accent sur les documents et photos, en utilisant le dessin, le collage…

 

3. L’impulsivité

Dans l’équation de Piers Steel, l’impulsivité est le contraire de vos facultés d’attention et de concentration.

Plus vous réagissez immédiatement aux sollicitations de votre environnement (les notifications des réseaux sociaux, par exemple) ou de votre esprit (« j’ai envie de boire un café »), plus vous êtes « impulsif ».

Et plus vous vous adonnez à la procrastination…

Cela dit, je me demande si l’« impulsivité » n’est pas plus une conséquence qu’une cause du problème : quand je réagis au quart de tour à toutes les distractions possibles, c’est que je cherche à échapper à la tâche, et surtout aux émotions négatives qu’elle suscite !

-> Quelques solutions pour diminuer l’impulsivité et augmenter le contrôle de soi

  • Supprimez les sources de distraction (éloigner votre smartphone ou vos animaux de compagnie, demander à n’être dérangé qu’en cas d’urgence réelle…). C’est le minimum indispensable : comme vous l’avez sans doute remarqué, les interruptions à répétition s’avèrent usantes…
  • Nous avons souvent tendance à céder aux petits plaisirs faciles (allumer la télé, regarder ses mails…) plutôt que d’attendre un plaisir différé (la satisfaction d’avoir terminé votre livre et de le partager avec ses proches).
    Une autre tactique consiste donc à vous focaliser sur les récompenses immédiates liées à la rédaction de votre livre : avoir terminé l’écriture d’un paragraphe ou d’une page, avoir raconté une anecdote… D’où l’intérêt, notamment, de découper votre livre en chapitres courts.
  • En ce début de XXIe siècle, la procrastination fait l’objet de toutes les attentions. Il fallait bien créer des applications numériques ! Traitement de texte minimaliste (OmmWriter), extensions pour éviter de papillonner sur le Net (LeechBlock, StayFocusd) ou mesurer votre productivité (Rescue Time)… Je pense que les vraies solutions ne peuvent venir que de nous-même, et non d’outils extérieurs (d’autant qu’on peut toujours les contourner). Mais si ces applications vous aident, n’hésitez pas bien sûr !
  • Être bien clair sur votre intention et votre objectif, pour mieux résister aux appels du pied de la distraction. Moins l’on a de questions à se poser et de choix à faire au moment où la tentation se présente, plus il est facile de se contrôler. Gardez votre énergie pour le meilleur !

temps horloge

4. Le délai

Il correspond au temps que va prendre la tâche, ou à la date limite pour réaliser votre projet. Plus ce délai est long, plus la motivation est faible.

Or, écrire le livre de sa vie ou de sa famille prend au moins plusieurs mois. L’effort semble grand, pour un résultat lointain. Comment faire ?

Pire encore : nous n’avons généralement aucune échéance imposée pour ce projet !

Alors, comme nous avons tendance à oublier que nous ne sommes pas éternels, les journées, les années passent sans que nous réalisions ce qui nous tient à cœur.

On a tout le temps, alors pourquoi s’en faire ? Nous remettons toujours à plus tard… Une vraie fabrique à regrets !

-> Des solutions pour raccourcir le délai

  • Personne ne vous donne d’échéance ? Engagez-vous publiquement sur une date ! Par exemple, prévenez vos proches que vous leur offrirez à Noël le livre de votre famille. Difficile de ne pas honorer votre promesse ensuite…
    Vous pouvez également inciter votre entourage à collaborer. Ça peut être stimulant et aidant en cas de passage à vide.
  • Lors de l’émission l’autre jour, un auditeur a demandé combien de temps il fallait pour écrire l’histoire de sa famille. J’ai répondu qu’une année me semblait raisonnable. À condition que votre sujet soit suffisamment limité et raisonnable lui aussi.
    Et plutôt qu’un seul livre sur 12 mois, pourquoi ne pas réaliser plusieurs livrets qui vous prendront 1 mois chacun ?
  • Découper l’ensemble en étapes intermédiaires, réalisables à très court terme : une semaine au maximum. C’est ce que nous faisons naturellement quand nous entreprenons un projet un peu ambitieux : faire sa généalogie ( 😉 ), repeindre la maison, déménager…
  • Dans le même esprit des petits pas, vous pouvez vous fixer des mini-quotas très accessibles : écrire une page par jour, par exemple. En un an, vous écrivez alors 250 pages (vous avez noté que je comptais pas les week-ends… et pourtant ! Rédiger un peu chaque jour vous facilitera la tâche).
  • Certains écrivent leurs souvenirs ou racontent l’histoire de leur famille en notant des anecdotes au moment où elles leur reviennent. C’est léger, il suffit seulement d’y penser et de le faire. Puis, quand on a écrit l’essentiel, d’organiser l’ensemble pour qu’il soit compréhensible.
  • N’hésitez pas à vous lancer de petits défis (« je me donne une demi-heure pour finir ce chapitre »).

 

En conclusion

Quand vous manquez de motivation et que vous procrastinez, identifiez la source :

  • vous doutez de vos capacités à réussir ? (optimisme)
  • vous trouvez la tâche désagréable ou ennuyeuse, vous n’en voyez même pas l’utilité ? (valeur)
  • vous vous éparpillez sans arrêt ? (impulsivité)
  • l’échéance vous paraît trop lointaine ou trop vague ? (délai)

Que pouvez-vous faire pour rétablir l’équilibre ?

J’ai donné quelques « trucs », mais le but du jeu est de trouver ce qui est efficace pour vous.

Et ne culpabilisez pas : il paraît que plus on s’en veut de procrastiner, moins on agit !

* « Continue comme ça ! Faites de votre petite voix autocritique une alliée », magazine Psychologie positive n° 7.

 

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2 réflexions au sujet de « Ecrire un livre : les dessous de la motivation »

  1. Bonjour Hélène et bravo pour ton intervention sur RCF. Je l’ai trouvée très intéressante.
    Lorsque je me suis lancée, j’ai trouvé un outil de motivation efficace : j’ai fait une sorte de planning sur trois mois, indiquant les semaines à l’horizontale et les différents sous-chapitres à la verticale. Je coloriais une case chaque fois que je terminais l’un de ces sous-chapitres. Cela me permettait de visualiser le chemin parcouru. C’était devenu un jeu car mes enfants venaient me voir en me demandant : « Tu as fait combien de cases aujourd’hui ? »
    Je dirais aussi que la motivation la plus puissante reste la passion (ce qui rejoint la rubrique « valeur » sans doute). Pas si difficile de se mettre à l’ordinateur lorsqu’on ne pense qu’à ça ! 🙂
    Merci pour cet article…

    • Merci Laetitia.
      Très bien, ton astuce planning. Quand tu dis « C’était devenu un jeu », tu soulignes bien que les petits défis à relever stimulent. Tout comme l’amusement et la joie dans ce que l’on fait.
      Et si on a la passion, alors là… eh bien on écrit un livre familial comme tu l’as fait 🙂

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